Mars 2016

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TRAITÉ DE FEMME

Cie À la Tombée des Nues

  

À la Tombée des Nues est une compagnie théâtrale créée en 2008 à Nantes. Actuellement en résidence à la Fabrique Dervallières, elle travaille sur sa création Traité de femme, qui aborde l'éducation des jeunes filles, du 17ème siècle à de nos jours, tout en dérision et malice.
Le vendredi 4 mars à 14h30, la compagnie vous ouvre ses portes et vous propose de découvrir ce projet.  

Rencontre avec Servane Daniel, metteuse en scène, et Méléhane Girerd, interprète.  

Pouvez-vous présenter la compagnie ?  

Nous sommes une compagnie de théâtre, qui s'appelle À la Tombée des Nues, et qui existe depuis 2008 à Nantes.
Notre compagnie s'intéresse, aussi bien en termes d'esthétique que de fond, aux questions de la liberté et de l'enfermement. On aime faire sauter les cloisons des registres et des genres, on réalise donc des créations à partir d'écritures contemporaines faites à plusieurs mains par des membres de la compagnie, ou bien de textes d'auteurs contemporains, ou encore de l'improvisation  

  

Comment est né Traité de femme ?  

Méléhane : Tout a commencé de mon côté, je cherchais des thèmes de travail avec la volonté de travailler sur la question des femmes. Une personne m'a suggéré de faire un manuel de savoir-vivre, notamment celui de Nadine de Rothschild. Cette idée a commencé à mûrir, j'en ai parlé avec Servane qui a accepté de me suivre sur ce projet. L'idée était de parler d'un traité d'éducation des filles pour parler derrière de la condition des femmes. Nous n'avons pas pu utiliser le traité de Nadine de Rothschild pour des questions de droits. On a donc pensé à travailler sur les traités d'éducation des femmes, du 17ème siècle jusqu'à maintenant avec la presse féminine.  

  

Pourquoi avoir choisi de traiter ce sujet en particulier ? Et pourquoi ces 4 siècles précisément ?  

Traité de femme vient de la découverte d'un fascicule scolaire distribué par le ministère dans les écoles maternelles, pour évoquer aux enfants la question des genres. Dans ce fascicule, on leur nommait les qualités masculines et les qualités féminines. Billy Elliot avait des qualités féminines tandis qu'Angela Merkel des qualités masculines. Dans notre pièce, on souhaite s'interroger, se demander pourquoi ces qualités sont considérées comme féminines ou masculines, en se basant sur les manuels d'éducation des jeunes filles.  

Nous sommes remontées jusqu'au 17ème siècle, car c'est à cette époque que commence une véritable alphabétisation des jeunes filles.  

Notre projet a des valeurs féministes, nous souhaitons parler des carcans qui oppressent les femmes, la façon dont on les éduque à être jolie, douce, attentionnée, bonne mère de famille, et répondre à cette question : existe-t-il réellement une essence de la femme ?  

Ces questions nous animent depuis longtemps, nous ne voulons pas apporter un jugement, nous souhaitons juste en parler, observer, expliquer, avec notre moyen à nous qui est le théâtre, tout en ayant recours à l'humour.  

  

Selon vous, qu'est-ce que le théâtre peut apporter au traitement de ce sujet ?   

Le théâtre permet aussi d'éprouver les choses, c'est une autre vision des faits, vis à vis des médias. Avec le théâtre, on est dans l'ordre du sensible, avec une autre façon de voir les choses.  

  

Quels sont les choix de mises en scène, de jeu d'acteur, de scénographie qui ont été faits pour parler de l'éducation des jeunes filles ?  

Nous sommes actuellement en phase de recherche, les choses ne sont donc pas encore actées.
Notre projet mêle théâtre et danse puisqu'on va travailler avec la danseuse Clémentine Julienne.
Ce qui nous intéresse là c'est le rapport de gémellité et de différence entre les personnages qu'incarnera Méléhane et ceux que défendra la danseuse.  

On travaille également sur des espaces : l'espace intime et l'espace public, en travaillant sur des personnages différents, de l'étudiante dans sa chambre à la femme publiques conférencière et historienne, tous incarnés par Méléhane, ce qui nous parmet de passer d'une époque à l'autre.  

On a choisi un personnage en fil conducteur : une étudiante qui doit travailler sur ce sujet là pour sa thèse et qui va être le miroir de ce que c'est qu'être une femme aujourd'hui, son rapport à la précarité, ses relations avec son directeur de thèse, son quotidien. On voulait voir comment la vie de cette étudiante se construit en parallèle, en clin d'oeil, car le sujet principal reste les manuels d'éducation.  

  

Quelle est votre actualité ?  

Notre ouverture publique le 4 mars à 14h30 à la Fabrique Dervallières sera l'occasion de montrer une première étape, un extrait, tester le public, échanger.
Nous présenterons ensuite une deuxième étape de travail de notre projet au TNT le 11, 12, 17, 18 et 19 mars à 19h, avant d'arriver à une forme plus aboutie cet été.
Nous sommes également partenaires du festival féministe Le Poil qui dépasse, qui a lieu eu TNT du 1er au 5 mars.  

  

Rendez-vous le vendredi 4 mars à 14h30 à la Fabrique Dervallières-Zola (19 rue Jean-Marc Nattier - Nantes) pour découvrir le projet Traité de Femme de la Cie À la Tombée des Nues. 

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