A l'occasion de la 1ère Carte Blanche Fabrique du Groupe Fluo, le 1er mars prochain, à 18h30 et 20h à la Plateforme Intermédia (APO 33 - Fabrique Ile de Nantes) :

Benoit Canteteau, auteur du projet T.R.E.S.E.D., répond à nos questions...

   

Qui es-tu ?

« Manipulateur d'objet/performeur. J'ai fondé le Groupe FLUO afin de travailler en collaboration avec des artistes d'autres médiums, recherchant le dialogue entre les arts et les formes de représentations.  

Cette pluridisciplinarité s'axe autour d'un principe de composition, que je nomme "sculpture en action". Autour de ce principe, je développe des matières physiques basées sur un rapport corps/objet/espace qui peuvent être travaillées simultanément dans des formes chorégraphiques (spectacles/performances) et plastiques (séries photographiques/vidéos).  

C'est ainsi une seule et même matière qui se développe sous différents aspects. Le choix de les faire dialoguer communément vient d'une volonté d'étirer et de bouleverser le temps de la représentation, d'être dans une dramaturgie imaginaire et personnelle pour le spectateur, comme quelque chose qui pourrait n'avoir ni début ni fin. »  

Quel est ton parcours ?

« Après plusieurs années d'autodidactie et de stages auprès de jongleurs, danseurs et chorégraphes, j’intègre en tant que jongleur la formation professionnelle, au centre des Arts du Cirque de Toulouse, le LIDO.  

Durant ces deux années, j’oriente mes recherches sur le jonglage vers les notions "d'état" et de mouvement. Ce qui m’amènera vers la manipulation chorégraphique d'objet.  

En parallèle de mes projets, je travaille aussi pour différentes compagnies telles Carnivores Cie, Les Maladroits, Cie Dernière Minute-Pierre Rigal. »  

Tes inspirations ?

« Mes inspirations ont évolué à mesure de mon parcours et de ma démarche.  

Phia Ménard de la Cie Non Nova qui, à mes débuts, a été la première artiste à me faire comprendre pourquoi je jonglais.  

L'approche du cirque et son utilisation des codes, travaux menés par Johan le Guillerm de la Cie Cirque ICI.  

En danse, inévitablement, le travail de Pina Bauch, mais aussi de compagnies telle que DV8 Physical Theatre.  

Aujourd'hui, mes inspirations émanent principalement des arts plastiques, de sculpteurs tels que Erwin Wurm, Daniel Firman, Charles Ray. »  

Pourquoi as-tu créé ce spectacle ?

« Cette création, T.R.E.S.E.D (ballade dans les déséquilibres de la chute), résulte de réflexions autour de la représentation de soi, de la question de "l'équilibre de vie", d'être "équilibré". Elle pose la question de sa propre image personnelle, celle que l'on souhaite renvoyer, celle qui d'une autre manière peut aussi nous contraindre. Ce qui aboutit à une projection perpétuelle, à maintenir autour de nous des choses en équilibre, en commençant par soi-même.  

J'ai donc choisi un objet, une planche de bois d'1m80 posée au sol à la verticale. Cet objet et dans une contrainte physique de tenir droit tout seul était pour moi représentatif de ces questions d'équilibre et de point de chute.  

L'objet est alors devenu un partenaire avec qui j'ai cherché à jouer, à manipuler et à ressembler.   

J'ai développé, en premier lieu, une matière physique basée sur un principe de sculptures et de situations avec l'objet. Ensuite, j'ai travaillé en collaboration avec le musicien Simon Riochet, qui a composé des "paysages sonores", influencés ou influençant la chorégraphie.  

Enfin, une série photographique a été réalisée par la photographe Sara Imloul autour de ces sculptures et situations. »  

D'autres projets à venir ?

« Le projet T.R.E.S.E.D. se traduit aujourd'hui par un spectacle (duo musique et danse) et une série photographique créée en parallèle de celui-ci. La confrontation de ces deux formes, tel que présentée à la Fabrique, reste en expérimentation.  

Par la suite, dans une volonté de mettre en place un dispositif d'exposition/performance, une performance issue de matières du spectacle devrais être créée. T.R.E.S.E.D se composera alors d'un spectacle d'une part et d'une exposition/performance de l’autre.  

Un autre projet de série photographique et vidéo est en cours, toujours avec la photographe Sara Imloul. Le projet sera intitulé "On a remplacé la rate par un hérisson" et abordera l’exploration imaginaire d'un exosquelette humain. Il se composera par des sculptures de petits piques de bois en tension entre les parties du corps.  

Je souhaite également poursuivre et développer un travail réalisé auparavant sous forme de performance pour le festival "Imaginé Maintenant", en juillet 2010, utilisant uniquement l'objet livre. Il s'agira alors de lectures/sculptures. » 

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