Décembre 2016

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LES REINES

Collectif NatürliF

  

Le Collectif NatürliF est né en 2011. Sa troisième création, intitulée Les Reines, est une adaptation du texte de Normand Chaurette. Réécriture incandescente de Richard III, la pièce Les Reines épouse uniquement le point de vue des Femmes de l'(H)histoire. L'équipe sera en résidence du 19 au 31 décembre à la Fabrique Bellevue-Chantenay, et présentera son projet le 30 décembre lors d'une ouverture publique. 

Rencontre avec Céline Grolleau, metteur en sène de la pièce. 

  

Pouvez-vous présenter le Collectif NatürliF ? 

Le collectif NatürliF a été créé en 2011, aux ateliers de Bitche (lieu autogéré de création et d'expérimentation, du réseau alternatif). 

En 2012, nous avons créé et j'ai mis en scène Les Larmes amères der Petra van Kant d'après l'oeuvre de Rainer Werner Fassbinder, une pièce composée uniquement de femmes.
Notre deuxième création, Les Idoles, a été écrite, mise en scène et chorégraphiée par Anne-Pauline Parc, membre du collectif.
Notre troisième et nouvelle création, qui s'intitule Les Reines, est un projet qui a davantage d'envergure, avec lequel on s'inscrit plus en avant sur la scène théâtrale et culturelle nantaise, avec des soutiens qui nous accompagnent, et un temps de travail réinventé par rapport aux précédentes créations 

  

Pourquoi avoir choisi de mettre en scène ce texte de Normand Chaurette ? 

Je suis une amoureuse de la littérature, je suis habitée par des textes depuis toujours. J'ai découvert les Reines au lycée, il y a longtemps, et certaines bribes de texte m'étaient restées, le propos résonnait en moi. 

Cette pièce aborde plusieurs sujets qui me parlent : l'enfermement des femmes, la transgénéalogie, la difficulté d'être entendu par ses pairs, la difficulté d'exister, la vacuité des luttes de pouvoirs… De plus, j'aime particulièrement les pièces ne mettant en scène que des femmes. 

  

Ce thème des femmes est très prégnant dans Les Larmes amères der Petra van Kant et Les Reines, y-a-t-il des points communs entre ces deux pièces ? 

Ces deux pièces abordent la question de la lutte des pouvoirs sous deux angles différents : dans Les Larmes amères der Petra van Kant, on parle plutôt d'amour, et des luttes de pouvoirs au sein du couple, tandis que dans Les Reines il s'agit d'une vraie lutte de pouvoirs politiques, dans un royaume en Angleterre. 

De plus, ces deux pièces, il n'y a que des personnes féminins, mais j'ai choisi à chaque fois de prendre un homme pour interpréter le rôle d'une femme. Dans Les Larmes der Petra van Kant, ce choix était une évidence, cela correspondait à la pièce de Rainer Werner Fassbinder, qui met également en scène beaucoup de femmes androgynes dans ses films. Pour Les Reines, ce choix est d'abord né d'une contrainte, suite au désistement de la comédienne qui devait incarner le rôle de la vieille duchesse. J'ai alors eu l'idée de faire appel à un homme pour jouer ce rôle. Je trouve intéressant que les hommes puissent aussi porter la parole féministe. Le théâtre permet cette liberté. 

  

Quels choix de scénographie, de costume, de lumière, de son… ont été faits dans cette pièce ? Quel univers avez-vous voulu créer pour cette pièce ? 

Le texte de cette pièce est contemporain, mais l'histoire se déroule au Moyen-Âge, inspirée de Richard III. J'ai donc eu envie de faire une adaptation dans la lignée de Game of Thrones, d'Enki Bilal, un peu punk, sombre, dans un univers post-apocalyptique, afin de montrer que ces luttes de pouvoirs sont complètement intemporelles. 

Le son est très présent dans Les Reines, j'avais envie de faire une pièce radiophonique. Une bande-son est présente tout le long de la pièce, avec beaucoup de bruits de tempête, de voix de femmes, de chuchotements de cris. Ces femmes sont recluses dans une tour en huis clos elles complotent pour accéder au trône tandis que le roi meurt en même temps que le monde dehors. On ne voit jamais les hommes, mais leur présence est toujours là, menaçante. Tout ces sons symbolisent l'ailleurs, ce qui se passe en dehors des murs. Ce travail sur le son s'est fait avec Ana Igluka, qui joue dans cette pièce, mais qui également chanteuse et auteur. Le texte de Normand Chaurette est très dense, poétique: il faut l'écouter ! Les actrices le rendent vivant. Il est aussi empreint d'humour, de second degré, accentué par le travail du son. 

Concernant les costumes, j'ai fait confiance à Pascale Béréni, qui fait un travail de création génial à partir de l'upcycling. Nos costumes restent là encore dans un univers entre le médiéval et le futuriste. 

Comme dans les pièces de Shakespeare, j'ai envie de retrouver cet univers onirique féerique mais noir, dans lequel on entre et ressort comme dans un rêve, tout en subtilité. 

  

Sur quoi allez-vous particulièrement travailler durant votre résidence à la Fabrique ? Et qu'allez-vous présenter lors de l'ouverture publique ? 

La création lumière n'étant pas encore faite, ce sera l'objet de notre résidence à Chantenay. C'est Cécile Gravot qui va prendre à bras le corps ce travail. Dans cette pièce, j'ai souhaité laisser s'exprimer la créativité de chacun afin que ce projet soit pluriel. Je laisse une marge de liberté énorme aux personnes qui participent à la pièce, c'est de cette façon qu'elles donnent le meilleur d'elle-même. Chacun apporte ainsi sa pierre à l'édifice, sa touche à la création. 

La scénographie sera elle aussi finalisée lors de cette résidence. 

Lors de notre ouverture publique le vendredi 30 décembre, nous montrerons un filage complet de la pièce. 

  

Quelle est votre actualité ? La suite de la pièce ? 

Nous jouerons à la Salle Vasse le jeudi 5 et vendredi 6 janvier 2017 à 20h30, nous sommes également programmés pour l'édition 2018 des Scènes Vagabondes. 

  

D'après Les Reines de Normand Chaurette (Leméac éditions / Actes Sud)
Collectif NatürliF
Mise en scène : Céline Grolleau
Avec : Jérôme Brethomé, Valentine Gaboriau, Céline Grolleau, Ana Igluka, Julia Lemaire, Anne-Pauline Parc
Lumières : Cécile Gravot
Costumes et décor : Pascale Béréni
Regard scénographique : Cécile Favereau
Regards extérieurs : Yves Arcaix et Cécile Gravot
Bande-son : Céline Grolleau, réalisée avec Erwan Foucault et Stéphane Rousseau
Chargé de production et de diffusion : Michel Ganacheau
Photos : Scylla
Soutien : Ville de Nantes 

Découvrez ce projet le vendredi 30 décembre à 15h à la Fabrique Bellevue-Chantenay.
ATTENTION : l'entrée est gratuite mais sur réservation, le nombre de places étant limité ! Merci de réserver la vôtre par mail auprès de la compagnie : naturlifprod@gmail.com 

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