Janvier 2016

____________________________________________________________________

HÉLÈNE DUCLOS

  

Hélène Duclos est une artiste plasticienne originaire de Paris, récemment installée à Nantes.
Pendant deux mois, elle s'est installée à la Fabrique Dervallières-Zola afin de poursuivre son travail mêlant peinture, mais aussi broderie, dessin et gravure.
Les vendredi 22 et samedi 23 janvier, elle vous ouvre les portes de son espace afin de vous faire découvrir son travail. 

Rencontre avec l'artiste. 

Qui êtes vous et quel est votre parcours ? 

Je m'appelle Hélène Duclos et je suis artiste plasticienne. Le mot « plasticienne » est un peu bizarre, je ne l'aime pas tellement, mais il le seul à pouvoir me décrire puisque je fais des arts plastiques et me sers de plusieurs techniques. J'utilise la peinture, le dessin, la broderie et la gravure pour m'exprimer, faire mes recherches et explorer plusieurs pistes. 

Concernant mon parcours, j'ai tout d'abord une formation en textile, que j'ai faite à l'école Duperré à Paris. Puis j'ai travaillé avec des compagnies de spectacle, dans le milieu du cirque contemporain notamment, où je fabriquais des décors, des costumes, etc. 

En 1999, ma rencontre avec la peintre Hélène Laflamme fut une révélation. Elle m'a accueillie dans son atelier et j'ai travaillé avec elle pendant plus de 2 ans, pour apprendre le métier, ses techniques et avoir un regard extérieur. Cette expérience fut très enrichissante et j'ai souhaité la compléter avec une formation au Vietnam auprès d'un maître laqueur, durant 3 mois. 

Puis je suis revenue en France et me suis complètement investie dans la peinture, j'ai commencé à exposer dans des galeries et des salons. 

Il y a 5 ans, j'ai eu envie d'ouverture, de changer de médium. J'ai alors repris mon ancienne passion qui était la broderie et j'ai commencé à la travailler, à faire des recherches plastiques, en relation avec la peinture. Ce domaine s'est beaucoup étoffé ces derniers temps, et a nourri mon envie de développer le dessin et la gravure. 

  

Vous travaillez la peinture mais aussi la broderie, le dessin, la gravure. Pourquoi ces techniques ? Y a-t-il une complémentarité dans ces choix ? 

Beaucoup de choses se rejoignent. Le dessin est un fil conducteur. Sur les supports, qu'il s'agisse du papier, de la toile ou du tissu, c'est la thématique qui va faire le lien, la cohérence entre les médiums. Ces différentes disciplines m'apportent des rebondissements, du souffle et de l'enrichissement. Chacune nourrit l'autre : la broderie nourrit le dessin, qui nourrit la peinture, etc. Tout ceci donne au final un résultat très intense. 

Quand je suis en résidence, comme actuellement, j'ai du mal à décrire mon travail, car il n'est pas encore abouti. Je ne sais pas encore vers où je me dirige, ce que je fais. Mon travail est en perpétuel mouvement, je me renouvelle beaucoup, j'aime prendre de nouvelles orientations. C'est pour cela que j'aime particulièrement utiliser de nouvelles techniques, cela nourrit mon travail. 

  

Quelles sont vos influences ? Les inspirations dans votre travail ? 

J'ai beaucoup d'influences, que ce soit à travers l'histoire des arts, des arts décoratifs, de l'art populaire. Je puise dans toutes sortes d'imageries et d'inspirations, aussi bien le cinéma, la musique ou la poésie. 

Pour la broderie, Louise Bourgeois, Annette Messager et toutes ces femmes qui ont utilisé le textile dans leur parcours et leurs œuvres m'inspirent. 

Le quotidien, ce que je vis, les gens que je rencontre, m'influencent énormément. Parfois ce sont des choses anodines, comme un rayon de lumière sur un objet, qui me donnent des idées.
Le mouvement de la vie d'une façon générale impacte mon travail. 

  

Avez-vous une démarche type dans votre travail ? 

Oui, j'ai une rigueur dans mon travail, que ce soit dans les contraintes que je me donne, le temps que j'y consacre, ou encore le cadre que j'y mets. C'est le support de la création. 

C'est grâce à ce cadre que je peux me donner beaucoup de libertés dans ce que je vais ensuite exprimer. 

  

Et que cherchez-vous à exprimer dans votre travail ?  

Dans les thèmes récurrents, on retrouve ces personnages, en foule ou en grappe, qui sont là dans des espaces plus ou moins abstraits, que l'on peut parfois reconnaître, avec de la végétation, des paysages, mais toujours entre l'abstraction et le figuratif.
Le travail sur ces individus permet de questionner le monde, les relations, les rapports entre les hommes, la civilisation, la vie en société, mais aussi les états dans lesquels chacun peut se retrouver individuellement.
J'exprime également des émotions assez intérieures, parfois difficiles à transcrire avec des mots. 

D'un point de vue plastique, c'est aussi un jeu entre les densités, les contours, les creux, les vides, les zones sombres et les zones claires. Il y a une vraie recherche de la composition et du rythme. 

  

Pourquoi avoir choisi de faire une résidence à la Fabrique Dervallières-Zola et qu'est-ce que cela vous apporte ?  

Je suis en résidence pour 2 mois à la Fabrique Dervallières, du 1er décembre 2015 au 31 janvier 2016.
Je suis arrivée il y a peu de temps à Nantes, et je n'ai donc pas encore d'atelier, je dois travailler chez moi dans mon appartement, ce qui n'est pas toujours évident.
Etre dans ce lieu me permet de me concentrer tout en appréciant l'effervescence, la rencontre avec les autres résidents et sentir l'atmosphère de travail et de vie 

Je ne peux pas encore vous dire quel sera le résultat sur mon travail, mais l'espace est superbe, grand, on peut s'y étaler, créer des pôles, prendre du recul, ce qui est plutôt rare pour nous les plasticiens, car nous avons du mal à trouver des lieux de travail, qui plus est de grande taille. 

  

  

  

Quels sont vos autres projets à venir ?  

Principalement des expositions. Je participe en février à Lille Art Up, foire d'art contemporain, où une centaine de galeries seront présentes. Puis une exposition à Liège et en région parisienne au printemps, puis à Tours à l'automne, puis encore d'autres choses à confirmer ici à Nantes ! 

  

Venez découvrir le travail de Hélène Duclos le vendredi 22 janvier de 12h à 20h, ainsi que le samedi 23 janvier de 11h à 18h à la fabrique Dervallières-Zola (19 rue Jean-Marc Nattier, Nantes). 

Logo Nantes