Mai 2016

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ÉTAT D'URGENCE

Cie Alyopa

  

Récemment installée sur Nantes, la compagnie Alyopa est actuellement en résidence à la Fabrique Dervallières pour sa nouvelle création intitulée État d'urgence. Rencontre avec Basile Yawanké, metteur en scène de ce projet. 

Pouvez-vous présenter la compagnie Alyopa ? 

La compagnie Alyopa est une compagnie de théâtre nouvellement installée à Nantes. Elle a une codirection artistique dont ont la charge Audrey Tarpinian, Edith Manevy et moi qui ai rejoint le groupe. La compagnie a de nos jours, à son actif, deux spectacles jeune public : Sana, Prince du désert et Les enfants du Monomotapa co-écrits par Audrey Tarpinian et Edith Manevy et un spectacle tout public, État d'urgence de Falk Richter, que je mets en scène. 

Dans la compagnie, nous essayons de nous nourrir de nos différences de parcours et d'univers et d'une envie commune : celle d'interroger le monde qui nous entoure et de faire un théâtre fait de chair et de mot, un théâtre d'action qui garde les yeux grands ouverts sur notre société 

  

Pourquoi avoir choisi de mettre en scène de texte de Falk Richter ? 

J'ai découvert l'écriture de Falk par le biais de Anne Tismer, une ancienne comédienne de Thomas Ostermeier, avec qui j'ai collaboré sur des spectacles au Togo, en Belgique et en Allemagne. Dans mes mises en scène, j'aime m'affronter aux écritures d'aujourd'hui, avec des thématiques, des propos, des mots et maux d'aujourd'hui. Falk Richter est un des ces auteurs dont le propos et les questionnements font échos aux miens et j'aime la verve qui découle de son écriture et des personnages souvent complètement "fous". 

  

Le titre État d'urgence et le thème abordé font écho à des problématiques très actuelles dans notre société. Selon vous, qu'est-ce que vous pouvez apporter dans le traitement de ce sujet ? 

(Rires) D'abord, quand je pense à ce spectacle qui se jouera du 1 au 4 au TNT, je pense à la situation actuelle de la France avec l'état d'urgence instauré par le gouvernement. Un état qu'il veut sans cesse renouveler et je me dis, nous y sommes, en plein dedans. Pourtant la pièce a été écrite en 2007. C'est révélateur de ce que vit actuellement, non seulement la France, mais également la plupart des pays occidentaux. Les thèmes comme le travail, le monde de l'entreprise, la peur, la peur de l'autre, la peur de tout perdre, la suspicion, le désir infini de liberté et le besoin de protection, les médias, l’immigration, les frontières et j'en passe, y sont traités. Une pièce d'une richesse immense. C'est tout cela qui m'enthousiasme, "des thèmes pleins". 

J'ai envie de poser aussi un œil nouveau et interrogateur sur ces sujets, de créer de la distance qui fait que chaque spectateur ressort du spectacle avec son analyse personnelle. Une matière à réflexion sur plusieurs pistes. J'ai envie de rigoler de la situation, de nos peurs et angoisses. 

  

Quels sont vos choix de mise en scène, de jeu d'acteur, de scénographie pour cette pièce ? Et qu'allez-vous nous présenter lors de votre ouverture publique le lundi 23 mai ? 

La pièce met en scène une famille. L'homme, la Femme, et le Garçon. J'ai choisi de ne pas en faire une scène de ménage mais d'ouvrir plus les horizons de ce qui se joue. Famille, la perte de repères des adolescents, les travailleurs, le chômeur, l'entreprise avec sa permanente rentabilité et compétitivité, une ville, un pays, un continent. Je pense que la scénographie faite de grands cubes modulables nous permet d'ouvrir plusieurs portes et de faire entrer le spectateur dans un ailleurs. Le jeu d'acteur se veut assez réaliste et je porte beaucoup d'attention au rythme qui, bien qu'à cent à l'heure, peut également laisser des temps de silence. Les personnages jouent sur une tension presque permanente, comme un fil qui se tend tellement qu'on se demande jusqu'à quand va-t-il tenir. Je le définis presque comme un thriller. 

La présentation public sera comme une suite de répétition pour nous, sans lumière ni costume. Nous présenterons un extrait de la pièce, la première partie, comme un épisode qui donnera envie de chercher la suite, le dénouement qui se tiendra du 1er au 4 juin au TNT à 21h. 

  

Quelle est votre actualité ? 

L'actualité c'est donc les représentations d’État d'urgence de Falk Richter. Actuellement, la compagnie est en résidence à la Fabrique Dervallières jusqu'au 23 mai. Nous aurons aussi quelques jours de résidence à la Montagne (44). Le spectacle joue en suite comme je l'ai dit du 1 au 4 juin à 21 h au TNT (Terrain neutre Théâtre). Un spectacle auquel nous convions massivement le public nantais. 

En dehors de ce spectacle, la compagnie travaille sur deux autres projets que je mets en scène l'année prochaine. 

Tout d'abord, Le 20 Novembre de Lars Norén, un spectacle avec des comédiens et des danseurs. Pour ce projet nous serons en résidence en août à la Fabrique Dervallières pour un travail de recherche avec les comédiens uniquement. Ensuite, nous aurons plusieurs moments de résidence à partir de la rentrée avec les comédiens et les danseurs à Paris et ainsi qu'à Nantes je l'espère. La création est prévue en avril 2017 pour une diffusion en 2017-2018. 

Outre ce projet la compagnie travaille sur la création De l'autre côté de Laura Pélérin. Un projet qui a déjà quelques partenaires à Paris et j'espère aussi bientôt en Loire Atlantique. 

Au delà d'être metteur en scène, je suis avant tout comédien et je joue cet été au festival d'Avignon dans Qui rira verra de Nathalie Papin dans une mise en scène de Jérôme Wacquiez. 

  

Cie Alyopa
État d'urgence d'après Falk Richter
Mis en scène : Basile Yawanké
Collaboration artistique : Edith Manevy
Avec : Dorylia Calmel, Audrey Tarpinian et Basile Yawanké 

Découvrez ce projet le lundi 23 mai à 14h30 lors d'une sortie de la Fabrique Dervallières, ainsi qu'au TNT (Terrain Neutre Théâtre) les 1, 2, 3 et 4 juin à 21h. 

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